La chasse au phoqueIl fut un temps où la chasse au phoque était une importante activité économique au Canada. La fourrure des blanchons et des dos bleus, respectivement les jeunes phoques du Groenland et à capuchon, était très prisée sur le marché européen. À la fin des années 1970, ce marché s’est écroulé lorsque des groupes environnementaux auxquels se sont joints des célébrités internationales ont milité pour bannir ce type de chasse qu'ils qualifiaient de cruel et d’inhumain. Quels sont les faits actuels concernant la chasse au phoque au Canada? La chasse commercialeAu Canada, il se fait toujours une chasse commerciale au phoque, mais cette activité a bien changé. C'est Pêches et Océans Canada (MPO) qui gère et qui surveille les activités de chasse. Depuis 1987, il est interdit de chasser les blanchons (jeunes phoques du Groenland de moins de 14 jours) et les dos bleus (jeunes phoques à capuchon de moins de 16 mois), d'utiliser des bateaux de plus de 20 mètres et de chasser dans les aires de reproduction et de mise bas. Les phoques ne peuvent être chassés qu'à partir d'embarcations de moins de 20 mètres, à motoneige ou à pied. Le Canada exporte les produits de phoque sous trois formes : la viande, l’huile et les peaux. Les peaux possèdent la plus grande valeur sur le marché. En 2005, ce produit avait une valeur de 16,5 millions de dollars au débarquement (prix payé par les acheteurs aux chasseurs). Le phoque du Groenland, le phoque à capuchon et le phoque gris sont visés par la chasse commerciale. En 2002, le MPO a émis 12 000 permis de chasse commerciale. La plupart des chasseurs de phoque habitent la province de Terre-Neuve et Labrador. Un peu plus de 2 000 permis ont été délivrés à des habitants du Québec. Pour plusieurs villages isolés en hiver où les possibilités d’emplois sont réduites, la chasse au phoque constitue une source de revenu et d'alimentation. Elle peut aussi constituer un revenu d’appoint pour certains travailleurs saisonniers comme les pêcheurs. La chasse de subsistanceLes Autochtones chassent le phoque depuis plusieurs siècles pour se nourrir, se vêtir et se procurer du combustible. Aujourd'hui, la chasse au phoque sert toujours à des fins alimentaires et vestimentaires, mais aussi sociales, rituelles et économiques. D'autres communautés canadiennes chassent le phoque, tout comme le gibier, de façon traditionnelle et culturelle pour leur consommation personnelle. En plus des phoques du Groenland, à capuchon et gris, les phoques annelés, barbus et communs sont tués en petits nombres par la chasse de subsistance. Les communautés autochtones et non-autochtones au nord du 53e degré de latitude nord n’ont pas besoin de permis pour chasser le phoque à des fins de subsistance. Par ailleurs, le MPO délivre des permis de chasse de subsistance aux habitants des communautés au sud de cette limite : la Côte-Nord du Québec, la Gaspésie et les îles de la Madeleine, des zones durement touchées par la fermeture de la pêche aux poissons de fond. Ces permis permettent le prélèvement d’un maximum de six phoques pour la consommation personnelle. Les méthodes de chasseLe principal argument de ceux qui sont contre la chasse au phoque concerne la méthode utilisée qu’ils croient cruelle. Cette croyance a sans doute été influencée par les images diffusées par les médias et les groupes d’opposition dans le passé. Il n'est jamais gai de voir un animal se faire abattre, que ce soit en milieu naturel ou à l'abattoir. Ceci est d'autant plus vrai pour les phoques qui sont tués sur la banquise, ce milieu blanc immaculé où la moindre goutte de sang se détache du paysage… En vertu du Règlement sur les mammifères marins, les méthodes utilisées pour tuer les mammifères marins doivent entraîner la mort rapide de l’animal ; les phoques doivent donc être tués à l’aide d’une carabine de gros calibre, d’un fusil de chasse à balles, d’un gourdin ou d’un hakapik (un genre de gaffe). Les chasseurs doivent aussi faire un test de réaction des paupières après avoir abattu un phoque pour confirmer la mort de l'animal. Selon un rapport publié dans la Revue vétérinaire canadienne et selon la Commission royale sur les phoques et l'industrie de la chasse au phoque, ces méthodes de chasse sont conformes aux principes de chasse sans cruauté. Aussi des modifications à la réglementation concernant les méthodes de chasse ont-elles été apportées par le MPO à la lumière des recommandations de l’Association canadienne des vétérinaires. Le plan de gestion de 2006-2010:Ce plan quinquennal fixe le quota de chasse annuellement. Au cours des prochaines années, ce quota pourra être révisé à la hausse ou à la baisse selon l’état du couvert de glace, la mortalité naturelle des phoques, les prises accidentelles et les conditions sur le marché. MPO a établi des parts distinctes pour les différentes régions : une allocation de 70% à l'ouest de Terre-Neuve, 20 % aux Iles-de-la-Madeleine, 8 % à la Basse-Côte-Nord et 2 % aux Maritimes. Les chasseurs pourront également fixer les dates d’ouverture de la chasse convenant à leur région. Pour en savoir plus |