Dossier de l'heureExploration pétrolière et gazière dans le Saint-LaurentEn novembre 2002, le Plan dexploration pétrolière et gazière dHydro-Québec était rendu public : 300 millions de dollars dici 2010 pour lexploration sismique et le forage du golfe et de lestuaire du Saint-Laurent. Ce plan a soulevé beaucoup dinquiétudes chez les groupes environnementaux, la communauté scientifique, et les industries de la pêche et du tourisme. Le gouvernement du Québec a choisi de tenir des audiences publiques, mais seulement sur les levés sismiques. Pendant ce temps, le même gouvernement continue à pousser pour que débute rapidement le forage exploratoire dans le golfe.
Suivi du dossierPour accéder à l'étude complète, consultez le Registre public de l'Office national de l'énergie Lettres et Communiqués
Suivi du dossier4 mai 2006 Nouvelle stratégie énergétique : Québec veut relancer l’exploration pétrolière et gazière du Saint-LaurentDans la Stratégie énergétique 2006-2015 dévoilée aujourd’hui, le gouvernement du Québec annonce qu’il entend relancer l’exploration gazière et pétrolière dans le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. La Stratégie énergétique reconnaît qu’il faut tenir compte des recommandations du BAPE dont le rapport sur les enjeux des levés sismiques dans le Saint-Laurent a été déposé à l’automne 2004. Pour se faire, plusieurs mesures d’ordre légal et réglementaire sont envisagées, et le Québec conclut qu’elles « permettront effectivement de réaliser les levés sismiques dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, tout en assurant la protection de l’environnement. » Le GREMM tient à souligner qu’il est prématuré de tirer une telle conclusion. Premièrement, Québec propose de s’appuyer sur le guide canadien des bonnes pratiques en matière de levés sismiques en milieu marin, guide qui fait actuellement l’objet d’une consultation. Rappelons que la plus récente version de ce guide, dont l’élaboration est pilotée par Pêches et Océans Canada, a été grandement critiquée pour sa mollesse par les principales organisations environnementales au pays. Deuxièmement, comme on le rappelle dans le document sur la stratégie énergétique, le BAPE recommandait que des restrictions sur les levés sismiques soient imposées dans certaines zones, et que ces restrictions pourraient aller jusqu’à l’interdiction totale. Ce travail d’identification de zones à protéger n’est pas encore complété. Or, il s’agit d’une étape cruciale, et selon certains scénarios s’appuyant sur les données de scientifiques privés et gouvernementaux sur les mammifères marins du Saint-Laurent, ces zones pourraient comprendre l’ensemble de l’estuaire et de grandes parties du golfe pour des périodes s’étendant des mois d’avril à décembre. Le GREMM invite donc les organisations environnementales et l’ensemble des Québécois à suivre ce dossier de près afin de s’assurer que la fragilité des écosystèmes du Saint-Laurent, dont dépendent les communautés riveraines, ne sera pas mise à l’épreuve par les levés sismiques et les phases subséquentes de l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures. Pour en savoir plus Consultez la page sur la Stratégie énergétique sur le site du ministère des Ressources naturelles et de la Faune25 avril 2005 Le Fédéral veut faciliter l’exploration pétrolière et gazière en eaux canadiennesLe gouvernement fédéral propose des modifications à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale: dans le cas d’un premier forage exploratoire dans une zone donnée au large des côtes canadiennes, un simple examen préalable remplacerait l’étude approfondie nécessaire jusqu’ici. Ces modifications, poussées par l’industrie pétrolière et gazière, n’ont pas fait l’unanimité au sein du sous-comité chargé d’examiner la question. Elles font tout de même l’objet d’un projet de loi, soumis à la consultation publique de la fin mars à la fin avril 2005. L’avis du GREMM est que ces modifications, visant essentiellement à accommoder l’industrie pétrolière et gazière plutôt que les intérêts du public et notre responsabilité face à l’environnement marin, sont inacceptables. Elles sont particulièrement inquiétantes à la lumière de l’Énoncé des pratiques canadiennes en matière d’atténuation des incidences des levés sismiques en milieu marin (la première phase de l’exploration pétrolière et gazière), un document qui a fait l’objet de critiques sévères et est toujours en évaluation. Pour en savoir plusL’avis du GREMM concernant la proposition de modifier le Règlement sur la liste d’étude approfondie (Téléchargez le document Word, en anglais seulement) Nouveau : Les amendements à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale ont été adoptés en novembre 2005, malgré la vive opposition de nombreuses organisations environnementales, communautaires et scientifiques. Pour en savoir plus5 avril 2005 Sismique en milieu marin : l’énoncé des pratiques canadiennes contraire au principe de précautionPêches et Océans Canada (MPO) vient de compléter une étape importante d’un processus entamé il y a près de deux ans afin de mieux encadrer les activités d’exploration gazière et pétrolière dans les milieux marins canadiens. Il y avait d’abord eu la publication en octobre 2003 d’un cadre pour aider le MPO à évaluer les demandes de permis pour ces activités. À la suite de consultations de scientifiques du MPO et d’experts d’organisations indépendantes, MPO avait publié un an après un rapport présentant l’état des connaissances sur les impacts des bruits sismiques sur la faune marine. Dans l’ensemble, ce rapport décrivait bien les risques et les incertitudes associés aux impacts des bruits sismiques sur la faune marine. Restait à évaluer l’efficacité des mesures d’atténuation pour réduire ces risques à des niveaux acceptables, notamment pour les mammifères marins et les espèces d’intérêt commercial. Cette question a fait l’objet d’une nouvelle série de consultations à l’automne 2004, encore une fois auprès de scientifiques du MPO et d’experts invités. Les consultations sur les effets des bruits sismiques et sur l’efficacité des mesures d’atténuation ont conduit le MPO à publier un Énoncé de pratiques canadiennes, qui vise « à officialiser et à uniformiser les mesures d’atténuation du Canada s’appliquant à la réalisation de levés sismiques en milieu marin ». Cet énoncé fait l’objet de consultations publiques jusqu’au 19 avril 2005. Clairement, cet énoncé ne permettra pas de protéger les baleines et leurs habitats au Canada. Bien que le MPO reconnaisse les risques et incertitudes liés aux impacts du bruit sismique sur la faune marine, il est beaucoup trop optimiste en ce qui a trait à l’efficacité des mesures d’atténuation disponibles, et ce en dépit de l’avis de ces propres experts. Il faut espérer que les consultations publiques en cours permettront de dénoncer la mollesse de l’énoncé et d’y ramener le principe de précaution, d’ailleurs enchâssé dans la Loi sur les océans. Pour lire et soumettre des commentaires sur L’énoncé des pratiques canadiennes, atténuation des incidences des levés sismiques dans le milieu marin : http://www.dfo-mpo.gc.ca/ canwaters-eauxcan/infocentre/media/seismic-sismique/intro_f.asp Consultez l'énoncé des pratiques canadiennes (19 avril 2005) de l'atténuation des incidences des levés sismiques dans le milieu marin sur le site de Pêches et Océans Canada Commentaires de Lindy Weilgart et Hal Whitehead, biologistes à Dalhousie University, Halifax. (Téléchargez le document Word, en anglais seulement) Commentaires du GREMM. (Téléchargez le document Word, en anglais seulement)10 novembre 2004 Réaction au rapport du BAPE: Les Madelinots restent vigilantsLe groupe de citoyens Madelinots pour le Respect du Golfe ont diffusé un communiqué de presse et adressé une lettre au ministre québécois de l'Environnement, M. Thomas Mulcair. En accord avec les conclusions du rapport du BAPE, ils s'inquiètent cependant du silence du gouvernement. Ils demandent à nouveau, comme une cinquantaine d'organismes depuis deux ans, un moratoire sur toutes les activités d'exploraiton et d'exploitation des hydrocarbures du Saint-Laurent. 26 octobre 2004 La prospection sismique aurait des effets alarmants sur le crabe des neigesPêches et Océans Canada vient de rendre publiques les conclusions dune équipe de scientifiques qui sétaient penchés le 29 septembre dernier sur les résultats dune étude portant sur les impacts de la prospection sismique sur le crabe des neiges. Létude a porté plus précisément sur la biologie reproductive des femelles. Elle a été menée au cap Breton (Nouvelle-Écosse), à lhiver 2003 et au printemps 2004. Les résultats, que le rapport présente comme étant préliminaires, sont alarmants: les femelles exposées présentaient des dommages à lhépatopancréas (léquivalent du foie) et aux ovaires, leurs ufs étaient endommagés et les larves ont éclos plus tard et étaient plus petites que celles des femelles non-exposées. La prospection sismique dans le Saint-Laurent, qui a pour but dévaluer le potentiel en hydrocarbures de ses fonds marins, soulève de nombreux enjeux environnementaux, principalement en ce qui concerne les mammifères marins et les crabes. Les craintes soulevées au sujet des mammifères marins sont supportées par de nombreuses études. Un rapport déposé cet automne par le Secrétariat canadien de consultation scientifique concluait dailleurs que, dans le pire des scénarios, les impacts des bruits sismiques sur le comportement des mammifères marins auraient de fortes incidences écologiques. Dans le cas des crabes, le peu détudes sur le sujet ne permettaient jusquici ni de calmer ni de confirmer les craintes formulées par le public, et les pêcheurs en particulier. Or, les résultats qui viennent dêtre rendus publics indiquent que les risques posés par les bruits sismiques ne peuvent être pris à la légère. Le rapport de Pêches et Océans Canada préconise tout de même dautres études avant de conclure que les effets mesurés sont véritablement attribuables au bruit sismique et non à dautres causes comme la température de leau ou la nature du substrat. Ces résultats, sans être définitifs, donnent raison à la commission du BAPE sur les enjeux liés aux levés sismiques, qui préconise lapproche de précaution dans son rapport du 31 août 2004. On rappelle que le crabe des neiges est une ressource économique de première importance dans bien des régions bordant le Saint-Laurent maritime. Pour en savoir plusRapport sur létat des habitats 2004/003 : Impacts possibles de la prospection sismique sur le crabe des neiges (Téléchargez le document PDF) 22 octobre 2004 Rapport du BAPE sur les levés sismiquesÀ la demande du ministre de l'Environnement, M. Thomas J. Mulcair, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) rend public aujourd'hui son rapport d'enquête et d'audience publique sur les enjeux liés aux levés sismiques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Pour en savoir plus
Quelques réactions
4 octobre 2004 Rapport fédéral sur les impacts des bruits sismiques sur la faune marineLe Secrétariat canadien de consultation scientifique a déposé à la mi-septembre un rapport présentant l’état des connaissances sur les impacts des bruits sismiques sur la faune marine. Ce rapport est issu d’une série d’ateliers nationaux auxquels ont participé des scientifiques de Pêches et Océans Canada ainsi que des experts invités. L’objectif est d’élaborer un cadre décisionnel pour l’examen préalable des projets de prospection sismique en eaux canadiennes. Le comité constate que les risques posés par les bruits sismiques sont mal quantifiés et souvent inconnus, et qu’ils font l’objet de débat entre spécialistes. Les bruits sismiques pourraient avoir de nombreuses répercussions nuisibles pour l’environnement marin, mais l’état des connaissances ne permet pas d’en être certain. Le comité souligne qu’il existe des mesures d’atténuation, sans en évaluer l’efficacité. À ce sujet, il y aura un atelier de travail conduit par le même comité le 13 octobre prochain sur les méthodes pour réduire les effets du bruit causé par les levés sismiques. Le rapport pointe aussi divers secteurs qui devraient faire l’objet de recherche. Dans la section sur les mammifères marins, le comité examine les répercussions possibles des bruits sismiques en 22 points. Il conclut entre autres qu’il est peu probable que l’exposition à des bruits sismiques cause la mortalité directe de mammifères marins. Il note par contre que ce type d’activité pourrait résulter en un déplacement permanent du seuil auditif chez les mammifères marins ; c’est-à-dire que les mammifères marins pourraient devenir sourds à certaines fréquences sonores. Finalement, il note aussi que les bruits sismiques peuvent entraîner divers effets comportementaux, et que, dans le pire des scénarios, ceci pourrait avoir de fortes incidences écologiques. Pour en savoir plusÉvaluation des renseignements scientifiques sur les impacts des bruits sismiques sur les poissons, les invertébrés, les tortues et les mammifères marins ( Téléchargez le document) Rappel
8 septembre 2004 En attendant les recommandations du BAPE sur le sismique, on sonde toujours !La commission du BAPE sur les enjeux des levés sismiques dans le Saint-Laurent a déposé le 31 août dernier son rapport au ministre québécois de lenvironnement, M. Thomas Mulcair. Cette commission a été mise sur pied pour répondre aux multiples inquiétudes soulevées par les projets dexploration gazière et pétrolière dans le golfe et lestuaire du Saint-Laurent que la firme GSI voulait entreprendre dès lautomne 2002 pour le compte dHydro-Québec. Le ministre dispose de 60 jours pour rendre publiques les recommandations du rapport. Au cours des prochaines semaines, le Secrétariat canadien de consultation scientifique doit également déposer les conclusions dun comité fédéral qui sest penché dans les derniers mois sur " le cadre réglementaire et de gestion de la prospection sismique dans les eaux canadiennes ". Ces deux rapports devraient permettre dévaluer létat de nos connaissances sur les risques que posent ces techniques pour la vie marine et de mieux encadrer cette activité, particulièrement dans les milieux productifs et fragiles comme le Saint-Laurent. Pendant que les autorités provinciales et fédérales complètent leurs évaluations, des tests sismiques ont été effectués en toute légalité cet été dans lestuaire du Saint-Laurent. Au début août, une équipe de la Commission géologique du Canada dirigée par M. Bernard Long (INRS-Océanologie) a effectué une série de levés sismiques entre Les Escoumins et Pointe des Monts. Cette mission, financée en partie par Hydro-Québec, doit également permettre dévaluer le potentiel gazier des fonds marins de lestuaire du Saint-Laurent. Bien que la source sonore employée par léquipe de M. Long soit considérablement moins puissante que celle que projetait utiliser la firme GSI, les sons produits demeurent très élevés et sont également susceptibles dinterférer avec le comportement des rorquals bleus qui salimentent activement dans ce secteur à cette période de lannée. Plus tôt cet été, un groupe dexperts de la Commission baleinière internationale a fait part de ses inquiétudes face aux impacts de lutilisation de plus en plus répandues des levés sismiques et de la nécessité déviter les habitats critiques pour les baleines. Or, les levés sismiques effectués cet été ont été réalisés dans la principale aire de concentration des rorquals bleus de lAtlantique Nord-Ouest, une population en voie de disparition. Ces levés ont été réalisés à quelques kilomètres du parc marin du SaguenaySaint-Laurent et sur une grande partie du territoire présentement considéré par Pêches et Océans Canada pour létablissement dune zone de protection marine. Dans son mémoire déposé à la commission du BAPE en mai dernier, le GREMM rappelait que la problématique de lélévation du bruit dans les habitats des baleines appelle à la prudence. Selon les auteurs du mémoire, il est illusoire denvisager la protection de quelques espèces ou écosystèmes en développant des solutions à la pièce. Il est urgent de développer une approche globale basée sur la protection des habitats critiques, particulièrement ceux des espèces en péril. 20 mai 2004 Le BAPE reçoit les opinions du publicDeux séances du BAPE permettent au public de faire valoir leurs opinions au sujet des levés sismiques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent. La première a eu lieu à Québec le 18 et le 19 mai. La seconde se tiendra aux îles de la Madeleine les 26 et 27 mai prochain. Pour en savoir plus
1er avril 2004 Le BAPE sur InternetLa commission sur les enjeux des levés sismiques dans le Saint-Laurent annonçait cette semaine que le public pourra écouter en direct sur Internet les séances dinformation et de questions qui se tiendront à partir du 5 avril prochain. Le public pourra également transmettre ses questions à la commission par Internet. Rendez-vous sur le site du BAPE à partir du 5 avril : http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/mandats/sismiques/index.htm Pour en savoir plus
25 mars 2004 Début de la première partie du BAPE : 5 avrilLa première partie du BAPE sur les levés sismiques dans le Saint-Laurent débutera le 5 avril 2004 à Rimouski. Au cours des deux semaines qui suivront, la commission du BAPE visitera les îles de la Madeleine, Gaspé et Sept-Îles. Aucune audience publique naura lieu à Québec ou Montréal. Cette première partie est loccasion, tant pour la population que pour la commission, de bien cerner la question des levés sismiques et de mettre en lumière les enjeux qui y sont associés. Ce sera au cours de la deuxième partie que le public pourra exprimer son opinion sur la question, soit verbalement lors des audiences, soit en présentant un mémoire. Les séances de la deuxième partie du BAPE débuteront le 18 mai 2004. Les modalités, lieux et dates restent à préciser. Pour en savoir plus Sur le site du BAPE : Les enjeux liés aux levés sismiques dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent 16 mars 2004 Le BAPE présente la composition de la commission denquête sur les levés sismiquesIl sagit de la commission chargée de tenir une enquête et une audience publique sur les enjeux liés aux levés sismiques dans lestuaire et le golfe du Saint-Laurent. Le président de cette commission est M. Michel Germain, géomorphologue, expert en sciences de leau et ayant présidé ou agi à titre de commissaire dans lévaluation de nombreux projets. M. Pierre André, biologiste en écologie aquatique, et M. Jacques Locat, ingénieur géologue, lassisteront dans son travail. La commission fera connaître dans les prochains jours la démarche qui sera suivie pour recueillir les questions et les opinions du public. Pour en savoir plus
11 mars 2004 Le Comité dexperts du gouvernement du Québec dépose son rapport sur les levés sismiquesLe 5 mars dernier, le Comité dexperts mis sur pied par MM. Hamad et Mulcair en décembre 2003 rendait public son rapport sur les projets de levés sismiques dans le golfe et lestuaire du Saint-Laurent. Le GREMM a été appelé à se prononcer sur ce rapport dans les médias. Voici les principaux points que ce groupe a fait valoir :
Ce rapport constituera la base documentaire dune consultation menée par le Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE). Le rapport des commissaires devra être remis au plus tard le 31 août prochain. Le GREMM a lintention de rédiger un mémoire, qui inclura lavis de cinq experts internationaux sur lacceptabilité de la technique dans le Saint-Laurent, étant donné ses particularités physiques et biologiques. Pour en savoir plus
8 janvier 2004 Un groupe de Madelinots s'inquiète et questionneUn regroupement de citoyens des îles de la Madeleine est inquiet. L'annonce de MM. Mulcair et Hamad en décembre dernier concernant l'étude des impacts des relevés sismiques dans le Saint-Laurent ne calme pas leurs préoccupations. Des projets de forages exploratoires et d'exploitation des hydrocarbures sont imminents en mer près de chez eux (secteur du Old Harry) et sur leurs terres. Ils exigent que la population des îles de la Madeleine soit mieux informée en ce qui concerne les enjeux et les impacts de ces projets de forage, qui ne sont soumis à aucun examen public. Pour en savoir plus
15 décembre 2003 Formation du comité dexperts sur les projets de levés sismiques dans le Saint-LaurentLe ministre de lEnvironnement, M. Thomas J. Mulcair, et le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, M. Sam Hamad, annoncent la nomination des membres du comité dexperts dont le mandat sera didentifier les enjeux environnementaux liés aux projets de levés sismiques dans lestuaire et le golfe du Saint-Laurent. Ce comité devra également faire le point sur létat des connaissances scientifiques et proposer des pistes de solution. Il amorce ses travaux aujourdhui et déposera son rapport le 16 février 2004. Une fois le rapport du comité complété, le Bureau daudiences publiques sur lenvironnement (BAPE) tiendra des consultations publiques auprès de la population, des experts et des groupes dintérêts concernés qui pourront notamment faire part au gouvernement de leurs préoccupations quant à limpact des levés sismiques sur les populations de mammifères, de poissons et de crustacés qui peuplent lestuaire et le golfe du St-Laurent. Ces consultations se tiendront à compter du 1er mars et le BAPE devra soumettre son rapport au plus tard le 31 août 2004. Pour plus de détails sur les nominations, lisez le communiqué complet. 8 décembre 2003 Réponses des autorités aux demandes du Front commun et réactions du Front commun
27 novembre 2003 Point de presse sur la colline parlementaire : UNE BALEINE BLEUE SÉCHOUE SUR LA COLLINE PARLEMENTAIRE DE QUÉBEC : Deux nouveaux avis scientifiques jugent le projet dexploration gazière dHydro-Québec trop risqué pour les baleines du Saint-LaurentLors de ce point de presse, les documents suivants ont été livrés :
27 novembre 2003 Communiqué de presseFRONT COMMUN POUR UN MORATOIRE SUR LA PROSPECTION
PÉTROLIÈRE ET
Communiqué de presse Pour diffusion immédiate Exploration gazière Deux nouveaux avis scientifiques jugent le projet dHydro-Québec trop risqué pour les baleines du Saint-Laurent Québec, 27 novembre 2003 Deux nouveaux avis scientifiques jugent que lutilisation des canons à air comprimé pour explorer le Saint-Laurent à la recherche dhydrocarbures est trop risquée pour les baleines. Selon lavis des scientifiques de Pêches et Océans Canada qui évaluaient pour une troisième fois depuis novembre 2002 un projet que la firme GSI souhaite réaliser pour le compte dHydro-Québec, les nouvelles mesures datténuation proposées par le promoteur " ne permettraient pas de réduire à un niveau acceptable les risques de dommages physiques aux mammifères marins ". Dans son avis déposé plus tôt cette semaine, Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM, ajoute : " Aucune des mesures datténuation proposées ne permet déliminer ou même de réduire les risques dimpacts négatifs sur la migration, lalimentation et la reproduction des rorquals bleus. Dans le cas despèces en voie de disparition, de telles perturbations sont susceptibles daffecter les chances de rétablissement de la population entière. " Pêches et Océans Canada reconnaît que les mesures datténuations proposées par le promoteur " vont bien au-delà des mesures habituellement requises pour des relevés sismiques dans dautres juridiction " mais précise que les " particularités de lécosystème marin du Saint-Laurent justifient le déploiement des mesures additionnelles, voire extraordinaires [ ] ". Pêches et Océans Canada rappelle que le golfe Saint-Laurent est " une mer intérieure unique au monde en terme de productivité, de diversité et dabondance de plusieurs espèces dinvertébrés, de poissons et de mammifères marins [ ] dont beaucoup [ ] supportent des activités économiques importantes (pêcheries, observation de mammifères marins) dans les régions côtières bordant cet écosystème ". Il recommande donc à lOffice national de lénergie du Canada (ONÉ) de " ne pas autoriser le projet tel que proposé ". Selon M. Daniel Green du Sierra Club du Canada, lONÉ, qui doit maintenant rendre sa décision, na dautre choix que refuser le permis à GSI ou le référer à lAgence canadienne des évaluations environnementales pour une médiation ou une commission dévaluation. Charles-Antoine Drolet de lUQCN rappelle que le projet que GSI sapprête à réaliser pour le compte dHydro-Québec nest que la première étape dun vaste programme dexploration gazière et pétrolière de lestuaire et du golfe Saint-Laurent annoncé par Hydro-Québec et le ministère des Ressources naturelles du Québec en novembre 2002. Selon M. Drolet, " les sérieux impacts appréhendés sur les mammifères marins ne sont que lillustration de limpact de ce projet sur tout lécosystème marin, impacts dont on ne peut mesurer limportance ". Depuis son annonce en novembre 2002, ce projet a soulevé un tollé de protestations. Il y a deux semaines un front commun regroupant des membres de la communauté scientifique et de groupes environnementaux, des représentants de lindustrie de la pêche et de lécotourisme, des membres des premières nations, des artistes et des citoyens a demandé au gouvernement du Québec dimposer un moratoire sur les activités dexploration gazière dans le Saint-Laurent. Nicolas Roy de Stratégies Saint-Laurent se réjouit : " La sévérité des avis scientifiques devrait empêcher lOffice national de lénergie dautoriser le projet. Cela nous permettra de nous pencher sur le véritable enjeu de notre campagne : soumettre lensemble du Plan dexploration gazière dHydro-Québec à une commission dévaluation indépendante dans laquelle la voix des communautés locales pourra être entendue. -30- Sources Charles-Antoine Drolet, UQCN, 418 648-2104
Ce communiqué et les avis scientifiques du GREMM et de Pêches et Océans Canada sont disponibles sur Baleines en direct (www.baleinesendirect.net/3/3-3-1.html) Signataires Union québécoise pour la
conservation de la nature (UQCN)
Mouvement Au Courant
Conseil régional de lenvironnement du Bas-Saint-Laurent
Richard Léveillé, chercheur, Centre
GEOTOP-UQAM-McGill
Parti Vert du Québec Centrale syndicale du Québec Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la
Gaspésie
Le Québec Maritime (Associations Touristiques Régionales
(ATR) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Duplessis, de
Manicouagan et des Îles de la Madeleine)
Hugo Latulippe
27 novembre 2003 Message à Jean Charest, Thomas Mulcair, Sam Hamad et André CailléFRONT COMMUN POUR UN MORATOIRE SUR
LA PROSPECTION PÉTROLIÈRE ET
27 novembre 2003 Message livré par un rorqual bleu, symbole
de la grandeur et de la fragilité du Jean Charest, premier ministre du Québec
Messieurs, Étant donné les avis scientifiques sévères concernant le projet dexploration de GSI prévu pour cet automne, nous présumons que lOffice national de lénergie du Canada naura dautre choix que de ne pas autoriser le projet. Cette urgence réglée, il est tant de passer au véritable enjeu de cette campagne. Hydro-Québec et le gouvernement du Québec ont annoncé un programme denvergure en novembre 2002. Ce Plan dexploration pétrolière et gazière du Saint-Laurent doit être soumis dans son ensemble à un processus dévaluation indépendant. Il faut évaluer ce nouveau programme d'Hydro-Québec dans le contexte d'une révision de la politique énergétique du Québec et dans le contexte de la fragilité de notre Saint-Laurent et de ses composantes. Toutes les activités liées à ce Plan doivent faire lobjet dun moratoire immédiat, le temps de compléter lanalyse de son acceptabilité environnementale, économique et sociale pour la société québécoise, comme promis par Monsieur Charest en avril 2002. Nous espérons que vous accéderez cette fois à nos demandes, maintes fois répétées depuis décembre 2002. Union québécoise pour la
conservation de la nature (UQCN)
Mouvement Au Courant
Conseil régional de lenvironnement du Bas-Saint-Laurent
Richard Léveillé, chercheur, Centre
GEOTOP-UQAM-McGill
Parti Vert du Québec Centrale syndicale du Québec Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la
Gaspésie
Le Québec Maritime (Associations Touristiques Régionales
(ATR) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Duplessis, de
Manicouagan et des Îles de la Madeleine)
Hugo Latulippe
FRONT COMMUN POUR UN MORATOIRE SUR LA PROSPECTION PÉTROLIÈRE DANS LE GOLFE DU SAINT-LAURENT Adresse de correspondance: Harvey Mead. Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) 1085, ave de Salaberry, bureau 300 Québec Qc G1R 2V7 Tél: 418-648-2104 Téléc: 418-648-0991 Courriel: conservation@uqcn.qc.caCommuniqué de presse
LA PROSPECTION PÉTROLIÈRE TROP RISQUÉE, LE SAINT-LAURENT TROP FRAGILE Un front commun de groupes environnementaux appuyé par des citoyens, des artistes, de scientifiques, des associations et des membres de lindustrie de la pêche et de lécotourisme exige un moratoire immédiat Montréal, 13 novembre 2003 -- Dès la semaine prochaine, lOffice national de lénergie du Canada pourrait autoriser le navire GSI Admiral à bombarder de sons puissants les fonds du Saint-Laurent, entre lîle dAnticosti, Gaspé et les îles de la Madeleine, à la recherche de lor noir. Ce projet, le premier de laudacieux plan de prospection de 8 ans annoncé par Hydro-Québec en novembre 2002, ouvrira la porte à lexploitation des hydrocarbures dans le Saint-Laurent sans que la société ou le gouvernement québécois ne se soient penchés sur lacceptabilité environnementale et sociale de ce projet. Un front commun regroupant des membres de la communauté scientifique et des groupes environnementaux, des représentants de lindustrie de la pêche et de lécotourisme, des membres des premières nations, des artistes et des citoyens exige que le gouvernement du Québec impose un moratoire immédiat au plan dexploration gazière et pétrolière dHydro-Québec dans le Saint-Laurent. M. Harvey Mead, président de lUQCN, rappelle que "M. Jean Charest sest engagé en avril dernier à examiner lacceptabilité du plan dHydro-Québec dans le cadre dune enquête scientifique et indépendante sur le développement énergétique du Québec". Étant donné limminence du début des travaux et le silence du gouvernement du Québec sur la question, le front commun se tourne vers le ministre de lEnvironnement du Canada, David Anderson, pour réclamer que le projet de GSI, jugé trop risqué par les scientifiques de Pêches et Océans et Environnement Canada, soit référé sans délai à une commission. Daniel Green du Sierra Club du Canada précise que "en raison des impacts appréhendés, M. Anderson doit référer ce projet à une commission dévaluation environnementale en vertu de la Loi canadienne sur lévaluation environnementale".
Selon M. Robert Michaud, porte-parole scientifique du groupe, "chacune des étapes de la quête du pétrole, de la prospection à lexploitation des gisements, jusquà la consommation, comporte des risques environnementaux considérables". Il ajoute que "les tirs sismiques quon sapprête à autoriser sont capables de tuer des baleines, on craint notamment que les perturbations engendrées par cette activité réduisent les chances de survie et le succès reproducteur des bélugas et des rorquals bleus, deux espèces en voie de disparition". "Le Saint-Laurent est un géant fragilisé et ébranlé par les activités humaines des dernières décennies" ajoute M. Émilien Pelletier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie de lISMER. Selon M. Pelletier, "il est impossible de croire quun tel déploiement de ressources en mer naura aucun neffet sur la diversité, la conservation des habitats et sur les activités de pêche, daquaculture et de tourisme". Les représentants de ces industries dont les activités sont à caractère durable sinquiètent. "Il ne faut pas sacrifier une ressource renouvelable pour une autre qui ne lest pas" argumentait Mme Gabrielle Landry de la Fédération des pêcheurs semi-hauturiers du Québec. " À lheure de Kyoto, ce projet constitue un anachronisme ", déclare pour sa part Steven Guilbeault de Greenpeace. " LAssemblée nationale a adopté, de façon unanime, en 2002 une résolution en faveur du Protocole de Kyoto. Or, on ne peut pas dune part vouloir rencontrer les objectifs de Kyoto et dautre part investir dans les combustibles fossiles, principale source des émissions de gaz à effet de serre. " "En prenant le parti de lénergie à tout prix aux dépens de la vie, nous faisons fausse route" insiste M. Frédéric Back. "Au lieu dencourager une économie durable pour le Québec, ces projets vont à lencontre de lavenir". -30- Contacts : Robert Michaud, Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins (GREMM) 418 525 7779, 418-868-5720 (cell) Harvey Mead, Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) 418 648-2104 Daniel Green, Club Sierra du Québec 514 844 5477 Signataires : Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) Stratégies Saint-Laurent (SSL) Les Amis de la Vallée du Saint-Laurent (AVSL) Sierra Club Canada Société pour vaincre la pollution (SVP) Greenpeace Mouvement Au Courant Parti Vert du Québec Union Paysane Équiterre Fondation Rivières Environnement Jeunesse (ENJEU) Conseil régional de lenvironnement du Bas-Saint-Laurent Conseil régional de lenvironnement de Gaspésie et des Iles de la Madeleine Comité ZIP Saguenay Comité ZIP rive nord de l'estuaire Comité ZIP Côte-Nord du Golfe Comité ZIP Sud-de-l'estuaire Comité ZIP Baie des Chaleurs Parc nature de Pointe-aux-Outardes Comité côtier Les Escoumins à la rivière Betsiamites Conseil des Innus Essipit Chris Clark, Bioacoustic Lab, Cornell University Émilien Pelletier, titulaire Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine Université du Québec à Rimouski Pierre Béland, chercheur Institut national décotoxicologie du Saint-Laurent (INESL) Richard Sears, chercheur Station de recherche des îles Mingan (MICS) Robert Michaud, Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins (GREMM) Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie Associations des crabiers gaspésiens inc. Le Québec Maritime (Associations Touristiques Régionales (ATR) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Duplessis, de Manicouagan et des Îles de la Madeleine) Association des bateliers du Saguenay Croisières AML Croisières Essipit Groupe Dufour Hugo Latulippe Laure Waridel Frédéric Back Ariane Moffatt Françoise David Chloé Sainte-Marie Gilles Carle Marie-Thérèse Forest Geneviève Saint-Hilaire Josée Kaltenback Florent Vollant André Montmorency Gilles Vigneault Jacques Languirand Alain Belhumeur Jean Lemire FRONT COMMUN POUR UN MORATOIRE SUR LA PROSPECTION PÉTROLIÈRE DANS LE GOLFE DU SAINT-LAURENT Adresse de
correspondance: Harvey Mead. Union québécoise pour la
conservation de la nature (UQCN)
Le 13 novembre, 2003 M. David Anderson
M. le Ministre de l'environnement, Nous vous écrivons pour vous demander d'appliquer la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale et référer le projet d'exploration de pétrole et de gaz par des tirs sismiques dans le Golfe du Saint-Laurent de la compagnie Geophysical Servicies Inc. (GSI) à une commission d'évaluation environnementale. L'étude d'impact du projet GSI, qui a été produite seulement en anglais, a été déposée à l'Office national de l'énergie (ONE) qui est l'autorité fédérale pour ce projet en vertu de la Loi sur les opérations pétrolières au Canada. L'ONE a par la suite demandé des avis scientifiques sur cette étude d'impact auprès de votre ministère et du Ministère des Pêches et Océans. D'après les avis reçus par l'ONE provenant des scientifiques de votre ministère et de ceux des Pêches et Océans, le projet tirs sismiques dans le Golfe du Saint-Laurent de la compagnie GSI pourrait entraîner des effets négatifs importants sur le poisson et les crustacés ainsi que des effets potentiellement importants sur les mammifères marins (baleines, bélugas) du Golfe du Saint-Laurent - région Gaspésie-Anticosti. Comme vous le savez, selon les dispositions de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale, lorsqu'il y a des incertitudes relatives aux impacts négatifs importants qu'un projet pourrait avoir sur l'environnement, le ministre de l'environnement peut référer ce projet à l'Agence canadienne d'évaluation environnementale pour une médiation ou examen par une commission publique d'évaluation environnementale. Nous vous soumettons, M. le Ministre, que le projet de tirs sismiques de GSI dans le Golfe du Saint-Laurent rencontre le critère "d'entraîner des effets environnementaux négatifs importants" de la Loi et donc, nous vous demandons de référer immédiatement ce projet à une commission publique d'évaluation dont le mandat serait de faire l'examen complet des impacts environnementaux des tirs sismiques sur les ressources marines du Golfe du Saint-Laurent. En espérant que vous allez agir en fonction de vos obligations légales prévues dans la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale, veuillez agréer, M. le Ministre, nos sentiments les plus respectueux. Signataires : Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) Stratégies Saint-Laurent (SSL) Les Amis de la Vallée du Saint-Laurent (AVSL) Sierra Club Canada Société pour vaincre la pollution (SVP) Greenpeace Mouvement Au Courant Parti Vert du Québec Union Paysane Équiterre Fondation Rivières Environnement Jeunesse (ENJEU) Conseil régional de lenvironnement du Bas-Saint-Laurent Conseil régional de lenvironnement de Gaspésie et des Iles de la Madeleine Comité ZIP Saguenay Comité ZIP rive nord de l'estuaire Comité ZIP Côte-Nord du Golfe Comité ZIP Sud-de-l'estuaire Comité ZIP Baie des Chaleurs Parc nature de Pointe-aux-Outardes Comité côtier Les Escoumins à la rivière Betsiamites Conseil des Innus Essipit Chris Clark, Bioacoustic Lab, Cornell University Émilien Pelletier, titulaire Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine Université du Québec à Rimouski Pierre Béland, chercheur Institut national décotoxicologie du Saint-Laurent (INESL) Richard Sears, chercheur Station de recherche des îles Mingan (MICS) Robert Michaud, Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins (GREMM) Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie Associations des crabiers gaspésiens inc. Le Québec Maritime (Associations Touristiques Régionales (ATR) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Duplessis, de Manicouagan et des Îles de la Madeleine) Association des bateliers du Saguenay Croisières AML Croisières Essipit Groupe Dufour Hugo Latulippe Laure Waridel Frédéric Back Ariane Moffatt Françoise David Chloé Sainte-Marie Gilles Carle Marie-Thérèse Forest Geneviève Saint-Hilaire Josée Kaltenback Florent Vollant André Montmorency Gilles Vigneault Jacques Languirand Alain Belhumeur Jean Lemire FRONT
COMMUN POUR UN MORATOIRE SUR LA PROSPECTION PÉTROLIÈRE
Adresse de
correspondance: Harvey Mead. Union québécoise pour la
conservation de la nature (UQCN)
Lettre ouverte à Monsieur Jean Charest 13 novembre 2003 LExploitation pétrolière menace le Saint-laurent, ses habitants et les communautés qui en vivent Un front commun de groupes environnementaux appuyé par des citoyens, des artistes, des scientifiques, des associations et des membres de lindustrie de la pêche et de lécotourisme exige un moratoire immédiat Doit-on rappeler que la démocratie n'est pas un état, mais un processus. L'ampleur des impacts d'un tel projet exige la tenue d'un débat public. La population est non seulement en droit de savoir, mais aussi en droit de se prononcer. Si rien nest fait rapidement, le Saint-Laurent, notre Fleuve aux Grandes Eaux, sera soumis à un nouvel assaut, celui de lexploitation pétrolière. Il y a 25 ans, a décelé la présence possible de gaz naturel ou de pétrole dans le Saint-Laurent. Aujourdhui, alors que cette ressource non-renouvelable et responsable des pires maux de la terre se fait de plus en plus rare, lindustrie pétrolière sassocie à Hydro-Québec pour en tirer les profits. Si rien nest fait rapidement, dès la semaine prochaine le navire GSI Admiral pourrait bombarder de sons puissants les fonds du Saint-Laurent, entre lîle dAnticosti, Gaspé et les îles de la Madeleine, à la recherche de lor noir. Les 1600 km de levés sismiques que GSI sapprête à effectuer sont les premiers pas dun ambitieux programme de prospection de 8 ans annoncé par Hydro-Québec en novembre 2002. Lindustrie pétrolière prévoit effectuer 17 500 km de relevés sismiques dici 2005. Parallèlement, Hydro-Québec prévoit creuser des puits exploratoires aux endroits les plus prometteurs, notamment dans le Old Harry, tout près des îles de la Madeleine. Si la chance leur souriait le golfe et lestuaire du Saint-Laurent pourraient bientôt se transformer en un véritable champ pétrolifère. Si rien nest fait rapidement, on pourrait donc bientôt voir à partir des falaises du parc national de Forillon ou des îles de la Madeleine le flambeau caractéristique des plateformes de forage pétrolier. Loin de symboliser la richesse et la liberté, ses feux sont le symbole dune aventure risquée dont les impacts sociaux, économiques et environnementaux pourraient savérer catastrophiques pour le Saint-Laurent, ses écosystèmes, ses populations de poissons et de baleines. Si rien nest fait rapidement, le Québec tournera le dos à la modernité. Le Québec sest taillé une place enviable parmi les pays industrialisés. Sans être irréprochable, notre bilan énergétique est enviable, et cette position nous la devons essentiellement à lhydroélectricité, une ressource renouvelable. La suite logique de cette aventure ne serait-elle pas de miser sur la réduction de notre consommation énergétique et sur le développement des sources dénergie renouvelable, comme lénergie éolienne et solaire. Si rien nest fait rapidement, le Québec manquera à son engagement récent mis de lavant dans la Politique Nationale de leau. Ce projet est parfaitement incompatible avec " la vision de développement durable " dans laquelle la récente Politique nationale de leau vient dêtre adoptée. Il est aussi incompatible avec lengagement du gouvernement du Québec à " reconnaître un statut particulier au Saint-Laurent, milieu naturel remarquable avant dêtre un élément clé de notre économie ". Labsence totale de consultation des principaux acteurs concernés dans cette aventure est elle aussi incompatible avec le principe de gestion intégrée qui devrait permettre à " toutes les communauté davoir prise sur les multiples décisions et actions qui touchent le Saint-Laurent". Si rien nest fait rapidement, lOffice national de lénergie du Canada pourrait, en dépit des avis défavorables des scientifiques de Pêches et Océans Canada, dEnvironnement Canada, du MICS et du GREMM, autoriser le projet de GSI sans que le gouvernement du Québec ne se soit penché sur lacceptabilité sociale, économique ou environnementale de ce projet et sans même que la population québécoise nait été consultée. Monsieur Charest, Parce que voulons particper aux choix qui affecteront notre société, nous, membres de la communauté scientifique et des groupes environnementaux, représentants de lindustrie de la pêche et de lécotourisme, membres des premières nations, artistes et citoyens Signataires : Union québécoise pour la conservation de la nature (UQCN) Stratégies Saint-Laurent (SSL) Les Amis de la Vallée du Saint-Laurent (AVSL) Sierra Club Canada Société pour vaincre la pollution (SVP) Greenpeace Mouvement Au Courant Parti Vert du Québec Union Paysane Équiterre Fondation Rivières Environnement Jeunesse (ENJEU) Conseil régional de lenvironnement du Bas-Saint-Laurent Conseil régional de lenvironnement de Gaspésie et des Iles de la Madeleine Comité ZIP Saguenay Comité ZIP rive nord de l'estuaire Comité ZIP Côte-Nord du Golfe Comité ZIP Sud-de-l'estuaire Comité ZIP Baie des Chaleurs Parc nature de Pointe-aux-Outardes Comité côtier Les Escoumins à la rivière Betsiamites Conseil des Innus Essipit Chris Clark, Bioacoustic Lab, Cornell University Émilien Pelletier, titulaire Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie marine Université du Québec à Rimouski Pierre Béland, chercheur Institut national décotoxicologie du Saint-Laurent (INESL) Richard Sears, chercheur Station de recherche des îles Mingan (MICS) Robert Michaud, Groupe de recherche et déducation sur les mammifères marins (GREMM) Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie Associations des crabiers gaspésiens inc. Le Québec Maritime (Associations Touristiques Régionales (ATR) du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Duplessis, de Manicouagan et des Îles de la Madeleine) Association des bateliers du Saguenay Croisières AML Croisières Essipit Groupe Dufour Hugo Latulippe Laure Waridel Frédéric Back Ariane Moffatt Françoise David Chloé Sainte-Marie Gilles Carle Marie-Thérèse Forest Geneviève Saint-Hilaire Josée Kaltenback Florent Vollant André Montmorency Gilles Vigneault Jacques Languirand Alain Belhumeur Jean Lemire 31 octobre 2003 LONÉ garde la porte ouverte à lexploration sismique dans le Saint-LaurentLOffice national de lénergie (ONÉ) sest enfin prononcé par rapport à la demande de permis de GSI pour un projet dexploration sismique dans le cadre du Plan dexploration pétrolière et gazière du Saint-Laurent dHydro-Québec. La demande vise un projet prévu pour novembredécembre 2003. Létude dimpacts produite par le promoteur avait suscité de sérieuses critiques chez les ministères fédéraux consultés par lONÉ (Pêches et Océans Canada et Environnement Canada), et chez des groupes de recherche privés travaillant sur les baleines du Saint-Laurent (GREMM et MICS). LONÉ donne jusquau 6 novembre 2003 à GSI pour lui soumettre un projet révisé qui tiendrait compte de lensemble de ces quatre avis scientifiques. Si GSI ny parvient pas, le projet pourra être référé au ministre de lEnvironnement du Canada, qui pourra alors désigner un médiateur ou une commission dexamen. Les avis scientifiques ont démontré que létude dimpacts de GSI comportait des lacunes sérieuses. Les nombreuses recommandations, si mises en place, pourraient permettre de réduire ou déliminer certains des impacts identifiés. Cependant, selon Pêches et Océans Canada et le GREMM, même ces recommandations ne permettraient pas de ramener les impacts sur les mammifères marins à des niveaux acceptables. Téléchargez la lettre de l'ONÉ à GSI28 octobre 2003 Exploration sismique dans le Saint-Laurent : Pêches et Océans Canada et Environnement Canada jugent le projet trop risquéPêches et Océans Canada et Environnement Canada en arrivent à la même conclusion : le projet dexploration sismique prévu pour cet automne par GSI, le promoteur chargé des travaux dexploration du Saint-Laurent pour Hydro-Québec, ne devrait pas être autorisé tel que présenté. Les réserves des deux ministères tiennent aux lacunes importantes que révèle leur analyse de létude dimpacts produite par GSI et aux risques que ce projet comporte pour le Saint-Laurent et ses habitants. Pêches et Océans Canada critique surtout le modèle de propagation du son retenu par GSI, un modèle jugé " non réaliste et optimiste ". Les niveaux de bruit dangereux pour les mammifères marins mais aussi les crabes, les crevettes, les homards et les morues, pourraient couvrir des secteurs beaucoup plus vastes que ce qui est décrit dans létude dimpacts. Le ministère croit cependant quavec certaines mesures datténuation, il est possible de ramener les impacts sur les poissons et les invertébrés à des niveaux acceptables. Pour les mammifères marins, cependant, " les effets résiduels demeurent indéterminés et pourraient être potentiellement importants ". Environnement Canada déplore lui le manque dinformation concernant les impacts possibles sur les oiseaux marins. Il recommande aux promoteurs de réaliser un inventaire doiseaux pouvant lui permettre de se prononcer sur les impacts attendus du projet sur cette richesse naturelle. Ces deux avis ont été déposés auprès de lOffice national de lénergie (ONÉ), qui doit dici peu décider sil émettra ou non un permis pour le projet. LONÉ nest pas tenu de suivre les recommandations des deux ministères. Les avis ont également été envoyés directement à GSI, car une partie du projet se situe en dehors de la juridiction de lONÉ. Ce territoire, à louest de lîle dAnticosti, est sous la juridiction du Québec. Le Québec na demandé aucune étude dimpacts au promoteur et a déjà émis une autorisation pour le projet. GSI devra donc décider sil tiendra compte ou non des avis des deux ministères canadiens pour cette portion du projet. Pour en savoir plus Vous pouvez télécharger les fichiers PDF suivants : Résumé de lavis de Pêches et Océans Canada Avis complet de Pêches et Océans Canada 27 octobre 2003 Un regroupement d'artistes se prononcent contre le Plan d'exploration d'Hydro-Québec : Our fleuve is what we areOur fleuve is what we are Hugo Latulippe Laure Waridel Frédéric Back Ariane Moffatt Françoise David Chloé Sainte-Marie Gilles Carle Marie-Thérèse Forest Geneviève Saint-Hilaire Josée Kaltenback Florent Vollant André Montmorency Gilles Vigneault À lheure du loup, une terre dans sa nuit chante (et hurle parfois) pour quun peu de sagesse pacifie ces montagnes de cruauté et nous donne à voir un début davenir. - Pierre Morency Nous avons eu vent que lon voudrait forer sous la mer de notre estuaire. Et dans le Golfe aussi. Près des îles, près de la Gaspésie. Notre première réaction fut unanime : Oh! Non, cest pas vrai! Pas ça? Il semble que cest Hydro-Québec, notre société dÉtat, qui est linitiatrice du projet, cette fois. Le site web dit quHQ élargit ses activités aux secteurs pétrolier et gazier et offre des occasions daffaires nouvelles dans une industrie en croissance. En croissance? British Petroleum (BP) et Shell, deux des cinq plus grandes pétrolières du monde, ne disent-elle pas elles-mêmes, depuis une dizaine dannées déjà, que le marché du pétrole périclite et que ce sont les énergies renouvelables qui sont lavenir énergétique de lhumanité ? Le marché de léolien connaît actuellement une croissance annuelle de 40% à léchelle de la planète. Cest 20% pour le solaire. Lavenir est là, cest clair. Autant dun point de vue économique quécosystémique. Comment se fait-il que nos dirigeants soient aussi en retard dans leur conception de la modernité? Pourquoi faut-il sans cesse citer les Danois, les Allemands, les Hollandais, les Suédois pour sorienter? Et ne vient-on pas de signer Kyoto, nous, en plus? Les Québécoises et Québécois nétaient-ils pas POUR la ratification de ce traité à 89% et nont-ils pas fortement contribué à ladhésion du Canada? (38% des gaz à effets de serre émis par les Québécois proviennent de la combustion du pétrole.) Quà cela ne tienne! Le nouveau vice-président dHydro-Pétro-Québec, Jean A. Gagné, se voit déjà émir et parle du plus grand projet dexploration, toutes catégories confondues, de lhistoire du Québec. Comment se fait-il que nous ne sachions presque rien de ce projet? Les coûts environnementaux Suite à une petite recherche auprès de fonctionnaires -qui désirent garder lanonymat-, nous avons compris que cest une firme dexploration nommée Geophysical Services Inc. (GSI), basée à Houston, Texas, qui a reçu le mandat de sonder le Saint-Laurent. Sur le web, Hydro parle de partenaires de classe mondiale, mais ne donne aucun nom. Ça ne vous rappelle pas une certaine époque de notre histoire, vous? Pensez aux forêts. Pensez aux mines. Pensez aux poissons. Pensez à toutes ces beautés disparues, marchandées. Il y a fort à parier quHydro trouvera ses partenaires de classes mondiale dans les ligues majeures. Chacun sait que partout où il y a de lor noir, il y a EssoExxonMobile, (le plus puissant et le plus actif lobby contre les accords de Kyoto soit dit en passant) ou alors il y a ChevronTexaco, TotalFina et autres partenaires officiels de la fin du monde. Chacun sait aussi que partout où ces compagnies font des affaires, les catastrophes sociales ou écologiques sont la norme. Vous vous rappelez de lExxon Valdez, du Prestige, du Erika? Savez-vous quil y a 120 naufrages de bateaux pétroliers chaque année dans le monde? Et que les marées noires quils provoquent ne représentent en fait que 10% des fuites de fioul, huiles, gaz, pétroles, gazoles déversées dans les rivières, fleuves et mers par lindustrie pétrolière? Savez-vous quExxon na toujours rien payé pour lAlaska? Rien, sauf une batterie davocats. Savez-vous que 61% des 7030 navires pétroliers du monde sont immatriculés dans une quinzaine de micro états qui marchandent leur souveraineté en échange dun système qui permet une complète impunité. Dans 99% des cas de sinistres, les compagnies déclarent faillites et disparaissent pour réapparaître sous dautres noms, dautres pavillons, ailleurs. On a affaire à plus gros que nous. Que nous tous. Plus gros que les États, dailleurs. Beaucoup plus gros. Les coûts sociaux Fermez les yeux et pensez au fleuve une seconde. Imaginez cet éden bleu, lun des plus formidables écosystèmes marins du monde, spolié. Pensez aux pêcheurs. Pensez à tous ces gens qui travaillent au tourisme tout au long de nos côtes. Sans compter que le fleuve Saint-Laurent, cest toute notre histoire, cest notre fil dAriane, cest ce qui nous définit le mieux ; cest notre corps et notre âme. Et depuis bien avant la France, cest un peu notre lien à nous avec le sacré. Néanmoins, lan dernier, la Chambre de commerce de la Gaspésie et des îles disait voir dans ce projet dexploration pétrolière une occasion de sauver la Gaspésie. Quel drôle de calcul! Aux innombrables risques de catastrophes écologiques, " la chambre " dalors choisissait dopposer des jobs pour les Gaspésiennes et Gaspésiens. Rhétorique vieille comme le monde qui ne pèse pas lourd dans la balance quand on considère tout ce qui est menacé par ce projet. Non. On ne marchande plus le pays. On voit loin et large. Les GaspésienNEs mesurent mieux que personne limportance davoir un Saint-Laurent en santé devant eux. (Qua-t-elle fait au monde, la Gaspésie, pour attirer tous ces sauveurs mégalos qui prennent tant et donnent si peu?) Les faits : on parle de 50 à 100 emplois pour lexploration mais elle a été confiée à nos amis du Texas, comme nous lavons déjà dit. 4000 à 5000 emplois durant la construction. Ça, cest sûr, cest pour nous autres. De la job de bras, de la job pour se tuer à louvrage, pour quelques mois. Ensuite, 200-300 vrais emplois pour lexploitation . dont une partie pour nos hypothétiques intendants de Houston ou autre Arabie Saoudite. Mais est-ce que 200-300 emplois en Gaspésie suffisent à rembourser de potentielles marées noires ou encore la disparition dune espèce de mammifère marin? (Lavis des scientifiques du GREMM de Tadoussac est sans équivoque ; la survie des baleines du Saint-Laurent est menacée, à court, moyen et long terme, par ce projet. Les chercheurs de Pêches et Océans Canada à Rimouski émettent eux aussi des craintes sérieuses.) Ces animaux pacifiques, qui, depuis la nuit des temps, migrent noblement dans nos eaux, envers et contre tout, malgré les risques dextinction grandissant, ne se défendraient pas. Elles disparaitraient sans un mot. A-t-on seulement réfléchi à la menace que ferait peser un tel projet sur léco-tourisme ou la pêche? Il semble clair que " la chambre " ne sest pas posée la question à savoir sil y ny aurait pas, par hasard, plus demplois à perdre quà gagner. De la cohérence svp Il nous semble que, sous la pression des accords de libres échanges qui sadditionnent, la planète ressemble de plus en plus à une cour à scrap ; des icebergs de 9 fois la dimension de Singapour se décrochent de lAntarctique dû au réchauffement climatique ; le nombre annuel dinondations et de cyclones a quintuplé sur la terre entre 1950 et aujourdhui ; rien quau Québec, 4000 personnes meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique ; des scientifiques annoncent que dans une cinquantaine dannées, la moitié de toutes les espèces vivantes pourraient être disparues. Hubert Reeves, lui, envisage notre propre disparition pour 2100, si nous nentamons pas le virage vers le Vert. Il y a urgence depuis longtemps. À lheure de Kyoto, il nous faut faire preuve de cohérence. Nous ne voulons plus de croissance économique " à lancienne ", celle qui menace la vie sur terre. Pourquoi ne subventionnerions-nous pas, par exemple, des emplois chez Bombardier afin de se construire des trains légers entre lîle de Montréal et la banlieue et puis des trains à grande vitesse de la Gaspésie à Montréal? Et puis nous voulons des champs déoliennes, des panneaux solaires sur tous les toits de la ville, nous voulons de nouvelles stations de métro, des tramways, des autobus branchés sur le 220. Nous voulons des voitures électriques à la portée de tous. Nous voulons de la modernité. Aussi, nous demandons au Premier ministre du Québec dimposer un moratoire avant quun seul rafiot immatriculé à Houston-Texas neffleure la frontière de notre mer intérieure. Parce que vous ne le savez peut-être pas non plus mais GSI est déjà dans le Golfe et projette dutiliser ses canons à air dès les premiers jours de novembre. Cela malgré lengagement électoral de Jean Charest, auprès de lUnion québécoise pour la conservation de la nature, de faire de ce projet un CHOIX de société. Courage collectif " Faudrait peut-être attendre de savoir si y a du pétrole là-dessous avant de sénerver ! " nous entendrons-nous peut-être répliquer. Well, read our lips : On. Ne. Veut. Pas. Le. Savoir. On-ne-veut-pas-le-savoir. Nous croyons que le pays autour est notre premier système de santé ; tous les jours, les Québécois le boivent, le respirent, et le mangent. Nous SOMMES le pays que nous habitons. Nous ne voulons pas dun État-gigolo dont la finalité serait de marchander le patrimoine collectif. Le fleuve EST notre richesse. Nous croyons que lheure est venue davoir le courage collectif de remettre en cause la croissance économique perpétuelle comme projet de société. Un mot en états-unien, finalement, pour ceux qui pourraient tenter de capter ce message dailleurs dans le cosmos : WE WONT LET YOU SCRAP OUR FLEUVE AGAIN. OUR FLEUVE IS PART OF OUR SOUL. OUR FLEUVE IS PART OF OUR BODY. OUR FLEUVE IS WHAT WE ARE. 24 octobre 2003 Hydro-Québec mise toujours sur lexploration gazière du Saint-LaurentHydro-Québec a rendu public le 23 octobre dernier son Plan stratégique 2004-2008. On peut y lire: "[ ] Hydro-Québec [ ] fait également la promotion de lexploration pétrolière et gazière en Gaspésie, ainsi que dans lestuaire et le golfe du Saint-Laurent. Elle consacrera notamment jusquà 25 % des investissements reliés au forage de la structure géologique nommée Old Harry [près des îles de la Madeleine], lorsquelle aura obtenu les permis requis." Ce Plan d'exploration dHydro-Québec na pas été soumis à une évaluation indépendante et globale. Dans un communiqué de presse envoyé le 15 octobre dernier, 26 organismes environnementaux, entreprises ou associations touristiques, chercheurs et communauté autochtone réitéraient les craintes soulevées par le projet et demandaient un moratoire suivi dune étude indépendante sur lensemble du Plan. Ni les ministres Sam Hamad (Ressources naturelles Québec) et Thomas Mulcair (Environnement Québec), ni Jean Charest, premier ministre du Québec, n'ont encore répondu aux demandes des signataires du communiqué. Par ailleurs, le projet prévu cet automne par GSI, le promoteur chargé par Hydro-Québec de faire les relevés sismiques, est toujours en attente de permis de l'Office national de l'énergie (ONÉ). GSI a produit une étude d'impacts au cours de l'été. L'avis d'Environnement Canada sur cette étude a été déposé, celui de Pêches et Océans Canada le sera sous peu. Deux groupes de recherche sur les baleines du Saint-Laurent, le GREMM et le MICS, ont aussi fait parvenir à l'ONÉ des avis non sollicités. LONÉ devrait bientôt rendre sa décision. 24 octobre 2003 Avis scientifique du GREMM (non sollicité) sur létude dévaluation environnementale " GSI West Gulf of St. Lawrence, Survey 2003, July 2003 ", Résumé et recommandationsPréparé par Robert Michaud, MSc., président et directeur scientifique, GREMM Résumé et recommandations Bien que le promoteur reconnaisse que son projet comporte des risques dimpacts significatifs pour les mammifères marins et que de tels impacts sont particulièrement préoccupants dans le cas despèces en voie de disparition, Afin de rendre son projet " acceptable ", le promoteur prétend que les mesures datténuations proposées pourront efficacement éliminer ces risques. Ce jugement nous semble déraisonnable et nest pas supporté par létude dévaluation environnementale déposée par le promoteur. Étant donné que la partie Nord-Ouest du golfe du Saint-Laurent, les zones côtières de la péninsule Gaspésienne et le chenal Laurentien peuvent être considérés comme des habitats " essentiels " ou " critiques " pour le béluga du Saint-Laurent et le rorqual bleu, deux espèces en voie de disparition; Étant donné que les mesures datténuation proposées par le promoteur ne pourront pas éliminer les risques de dommages physiques aux mammifères marins et aux rorquals bleus et aux bélugas en particulier; Étant donné que les mesures datténuation proposées par le promoteur ne permettront pas de prévenir ou même de réduire les modifications comportementales des mammifères marins, et des rorquals bleus et des bélugas en particulier (les interruptions des séances dalimentation, lévitement des aires dalimentation ou des corridors de migration); Étant donné que les mesures datténuation proposées par le promoteur ne permettront pas de prévenir les modifications de lhabitat qui entraîneront une diminution de la portée et de la détectabilité des cris de rorquals bleus; Étant donné que ces dommages physiques, ces modifications du comportement et ces modifications de lhabitat peuvent affecter la condition physique, les chances de survie et le succès reproducteur des bélugas et des rorquals bleus; Étant donné que, dans le cas despèces en voie de disparition, toute réduction des chances de survie ou du succès reproducteur dun individu est susceptible daffecter les chances de rétablissement de lespèce ou de la population; Nous recommandons quaucun levé sismique ne soit autorisé dans la partie Nord-Ouest du golfe du Saint-Laurent, dans les zones côtières de la péninsule Gaspésienne et dans le chenal Laurentien. Téléchargez l'avis complet15 octobre 2003 Communiqué de presse dun regroupement dorganismes (groupes environnementaux, chercheurs, croisiéristes, association touristique, communauté autochtone): Le Saint-Laurent fait face à de nouvelles perturbations: moratoire demandé sur le programme dexploration gazière et pétrolière dHydro-QuébecLE SAINT-LAURENT fait face à de nouvelles perturbations MORATOIRE DEMANDÉ SUR LE PROGRAMME DEXPLORATION GAZIÈRE ET PÉTROLIÈRE DHYDRO-QUÉBEC Québec, le 15 octobre 2003. Le programme dHydro-Québec visant lexploration pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent comporte des risques significatifs et doit être suspendu dès maintenant. Telle est la demande envoyée aujourdhui au Premier ministre Jean Charest par un regroupement dorganismes très préoccupés par limminence des premiers travaux dexploration. Ce programme dHydro-Québec, rendu public en novembre 2002 par le ministère des Ressources naturelles, prévoit des investissements de 300 millions de dollars dici 2010 pour lexploration sismique et le forage du golfe et de lestuaire du Saint-Laurent. Geophysical Service Incorporated (GSI), un promoteur de Calgary chargé de faire des relevés sismiques pour Hydro-Québec, sétait retiré du golfe lhiver dernier, sa présence ayant soulevé beaucoup dinquiétudes, de questions et de demandes de la part des groupes environnementaux, de la communauté scientifique, et des industries de la pêche et du tourisme. En avril dernier, Monsieur Jean Charest reconnaissait lui-même les risques associés au Plan dexploration dHydro-Québec : " lajout de telles perturbations risque daffecter encore plus les populations de poissons et de crustacés et de porter le coup de grâce à lindustrie de lobservation des cétacés à Tadoussac ". Toutes ces inquiétudes refont surface cet automne, alors que GSI est à nouveau sur le point dentamer des travaux dexploration dans le golfe. Les groupes demandent au Premier ministre le respect de ses engagements électoraux à cet égard. Dans une lettre écrite en avril dernier dans le cadre de sa campagne électorale, Monsieur Charest a affirmé que " lexploration pétrolière dans le golfe Saint-Laurent relève dun choix de société " et que, en conséquence, " un gouvernement libéral procédera à la tenue d'études d'impact sur l'ensemble du projet d'exploration et d'exploitation pétrolière du golfe Saint-Laurent [ ] respectera les conclusions de ces études [ ] et rendra publics les résultats de ces recherches et les paramètres ayant présidé à leur élaboration." Le Premier ministre a également annoncé que "dans le cadre d'une enquête scientifique et indépendante sur le développement énergétique du Québec, [un gouvernement libéral] évaluera l'acceptabilité environnementale et sociale de ce projet." Selon M. Harvey Mead, lun des porte-paroles du regroupement, " il est temps que le gouvernement assume et rende cohérent lensemble de ces engagements ". Toujours selon monsieur Mead, " pour linstant, rien ne laisse transparaître au sein du gouvernement une telle orientation. Plutôt, le site web du ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs maintient une sollicitation auprès des investisseurs, dont un incitatif spécifique pour la recherche de pétrole et de gaz naturel en milieu marin ". Devant linertie du Gouvernement du Québec, les groupes ont écrit à M. Sam Hamad, ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, et à M. Thomas Mulcair, ministre de lEnvironnement, pour souligner les mesures nécessaires pour assurer cette cohérence : mise en place dun moratoire sur tout projet dexploration ou dexploitation gazière ou pétrolière dans le Saint-Laurent; tenue dune enquête publique portant sur lensemble du programme dHydro-Québec; et mise en uvre dun programme pouvant assurer une intégration de ce nouveau développement dans les milieux socio-économiques existant dans le couloir de lestuaire et du golfe, et ce dans le respect du maintien de la biodiversité et des activités qui en dépendent. " Nous demandons que la situation soit gérée suivant le principe de précaution, insiste M. Robert Michaud, porte-parole scientifique du regroupement. " Déjà la morue franche, le béluga du Saint-Laurent et le rorqual bleu sont sur la liste des espèces en voie de disparition." Le Premier ministre Jean Charest a lui même reconnu en avril dernier que " les travaux projetés pourraient avoir un impact significatif sur les populations de poissons, de crustacés et de mollusques, déjà fragilisées par des pêches intensives, une augmentation constante du transport maritime ainsi que la pollution des eaux par des rejets toxiques ". Pour M. André Stainier, du groupe Les Amis de la vallée du Saint-Laurent, il est temps de mettre en place une approche qui tienne compte non seulement des engagements de M. Charest, mais aussi des engagements mis de lavant dans la Politique nationale de leau rendue publique en novembre 2002. " Dans cette politique, que M. Thomas Mulcair a endossée, le gouvernement du Québec sengage à " mettre en uvre la gestion intégrée du Saint-Laurent [et à] traduire, par une reconnaissance officielle, sa vision du Saint-Laurent comme un patrimoine national à protéger, à développer et à mettre en valeur". M. Stainier ajoute qu " il faut tenir compte des erreurs commises dans le passé en matière de développement des ressources, développement fait souvent dans lignorance de ce quil entraînait. Dans le domaine du développement pétrolier et gazier en milieu marin, la connaissance des impacts possibles sur le plan environnemental et socio-économique demeurent très limitée. Il ne faut pas prendre trop de risques avec notre Saint-Laurent cet héritage de la population mérite quon le |